Arrêtons de protéger les abuseurs

La violence peut se cacher derrière des gestes anodins, des mots, des silences, des rapports de force ou des manipulations.
La violence faites aux femmes, nous invite aussi à penser aux jeunes hommes, aux homosexuels, aux personnes non binaires et à toutes celles et ceux qui, à un moment de leur vie, ont subi ou subissent encore des formes de violence physique, psychologique, sexuelle ou économique.
Elle peut toucher n’importe qui, dans n’importe quel contexte, y compris dans des espaces où la confiance et le consentement devraient être au centre de tout.
Dans le milieu BDSM, où les notions de pouvoir, de soumission et de domination sont explorées de manière consentie, la frontière entre jeu et abus peut être détournée par des personnes mal intentionnées.
Certaines personnes se présentent comme « maîtres » mais enfreignent allègrement les règles fondamentales du BDSM. Ils oublient sciemment le consentement, la sécurité et la confiance mutuelle.
Des violences physiques, des viols et des humiliations non consenties ont trop souvent été commis sous prétexte de « pratique extrême » ou de « formation », alors qu’il s’agissait clairement d’abus.
Ces comportements n’ont rien à voir avec le BDSM. Ils relèvent purement et simplement de la violence et de la domination forcée, et doivent être dénoncés comme tels.
Arrêtons de minimiser ces actes odieux. Un viol est un viol, quand la personne n’avait pas explicitement autorisé un coït, même sous prétexte d’être une soumise. Une fellation forcée, est aussi un viol, même si c’était dans le cadre d’un « jeu ».
J’encourage les personnes violentées à DÉNONCER les abus et les abuseurs, à la police ou à une autorité compétente. Ce n’est PAS honteux de pratiquer le BDSM, et vous avez le droit de porter plainte pour une agression sexuelle quelle qu’elle soit.
Ne laissez plus agir impunément ces personnes nocives car vous n’avez pas osé les dénoncer. Ne restez pas seul/es dans cette épreuve.
Les communautés BDSM responsables rappellent que toute interaction doit être fondée sur le principe SSC (Sain, Sûr et Consenti).
Un/une dominant/e ne possède jamais le consentement de son/sa soumis/e. Il ou elle reçoit sa confiance, qu’il faut protéger, pas exploiter.
Le NON reste toujours un non. Le retrait du consentement met immédiatement fin à tout jeu, sans répercussion.
Rappelons-le clairement : le consentement doit TOUJOURS être libre, éclairé et réversible. (Même dans le CNC, oui oui ).
Il n’existe aucune justification à la peur, à la contrainte ou à la douleur imposée sans accord.
Le milieu BDSM doit être un monde sûr. Un monde où l’on doit créer des espaces protégés, respectueux et conscients, où chaque personne peut exister, aimer et s’exprimer sans crainte.
Le respect mutuel et la sécurité émotionnelle sont des droits fondamentaux, pas des privilèges.
Si vous vous êtes déjà senti blessé/e, forcé/e et/ou privé/e de parole, sachez que ce n’est pas votre faute.
Il existe des personnes et des structures prêtes à écouter et à aider, sans jugement. Ma messagerie est aussi ouverte si vous ne voulez pas affronter cette situation seul/e .
En Suisse
https://www.agression-sexuelle-urgences.ch – Victime d’agression sexuelle
https://aiuto-alle-vittime.ch/fr/ – Aide aux victimes Suisse
En France
https://arretonslesviolences.gouv.fr
https://www.filsantejeunes.com