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Revue de presse

Chienne de vie, vraiment?

Merci à guillaume pour m’avoir signalé l’article du Matin.

Selon un documentaire étonnant, quelque 10 000 Britanniques adorent jouer à la baballe et donner la papatte.

Ils aboient, aiment être promenés et jouent avec la baballe. Mais ce
sont des humains. Qui adorent se déguiser et se comporter comme des
chiens. Une poignée d’allumés? Non, une «sous-culture», une «communauté
cachée», selon Channel 4, qui a diffusé mercredi soir un documentaire
consacré aux «human pups» – les chiots humains. Ils seraient 10 000 rien
que dans le Royaume-Uni. Une plongée dans un monde largement méconnu.

Le
documentaire donne à voir des scènes étonnantes, surréalistes, parfois
risibles. Dans leur combinaison de latex ou de cuir, des human pups
donnent la papatte, halètent, aboient, rapportent des frisbees, mordent
joyeusement dans des faux os ou sont sévèrement tenus en laisse.

En
clair, on parle de pratiques sadomasochistes, de rapports d’humiliation
et de domination? En partie seulement. La grande majorité des human
pups sont des hommes, homosexuels et ils ont un maître. Dans le film, on
suit des chiens humains en Belgique, où a été décerné le titre de «Mr
Puppy Europe» devant des milliers de personnes. «Plus je les torture et
plus ils en redemandent», lance un homme en tenant deux autres en
laisse. Ceux-là souhaitent réellement être traités comme des chiens.

Mais
l’intérêt du documentaire est qu’il montre une autre réalité plus
surprenante: le plaisir qu’éprouvent certains à vivre quelques instants
ou heures comme Médor. «Tout cela n’a absolument rien à voir avec le
sexe», souligne Kye, un maître, ou «détenteur». «Je cherche simplement à
ce que l’on prenne soin de moi», témoigne «Chip», 47 ans. Pour qui ce
retour à une certaine animalité est aussi une sorte de déstressant, une
échappatoire. «Il y a tellement de pression, au boulot, dans la vie, il
faut être civilisé. Certains boivent, se droguent. Là, je n’analyse pas,
je ne pense pas à l’argent ou à la taille de ma voiture: je joue.»

Le
reportage est centré sur la vie d’un autre homme. A la ville, il est
Tom Peters, 32 ans, éclairagiste. Pendant la majeure partie de ses temps
libres, il devient un dalmatien nommé «Spot», comme l’indique sa
médaille en forme d’os.

Tom estime passer quelque 24 heures par
semaine dans la peau de «Spot». Un mode de vie qu’il a découvert il y a
dix ans. Et qui ne lui a pas apporté que du bonheur. Restée sa meilleure
amie, son ex-fiancée Rachel explique qu’elle s’est résolue à le
quitter. «Il est deux choses différentes. Je ne pouvais pas comprendre.
Je ne voulais pas comprendre», lâche-t-elle.

«Good boy»

Tom
a cherché un maître – «un chiot est perdu sans collier», explique-t-il
au Guardian. Et a trouvé Colin, peu bavard face caméra. «Il s’agit juste
de s’en occuper, comme avec un chien biologique: lui donner de l’eau, à
manger, etc.» On voit alors Colin remplir l’écuelle de «Spot», qui lui
donne la patte et se voit gratifié de caresses sur la tête et d’un «good
boy»…

Beaucoup plus loquace, Tom s’est livré hier dans plusieurs
médias. «Vivre la vie d’un chiot permet de trouver du plaisir dans les
choses simples, aller chercher une balle, les friandises. C’est une
chance d’échapper à une vie trop trépidante et de s’amuser dans une
atmosphère détendue.»

Il explique que certains comprennent.
D’autres moins. Mais que sa double vie lui apporte peu d’ennuis. «J’ai
juste parfois droit à des regards surpris quand je m’enthousiasme trop
pour un jouet à mâcher dans un magasin pour animaux», sourit-il dans le
Telegraph.

Le dalmatien humain se dit aujourd’hui bien dans ses
deux peaux. Mais souhaiterait être mieux admis. «On peut être gay,
hétéro, bisexuel, trans et être accepté. Tout ce que je veux c’est qu’il
en soit de même pour la communauté des human pups. On ne fait de tort à
personne.» On ne peut pas lui donner tort: il ne mord pas.

Le Matin, Renaud Michiels  lematin.ch




 *** Voici le lien pour voir le documentaire complet ici: channel4.com

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