Es-tu un vrai soumis ou juste un fétichiste de la soumission ?

Je vous présente ici un texte de Madame Racy Wilde qui m’a aimablement autorisé à le traduire en français et de le poster.
Es-tu un vrai soumis ou juste un fétichiste de la soumission ?
J’entends déjà une horde de mecs au fond qui répondent : « On s’en fout ! »
Mais tu sais qui s’en fout pas ? Les vraies Dominantes. Pourquoi ? Continue de lire.
Parler de « vrais soumis », c’est toujours un sujet sensible. Ça donne l’impression qu’il y a une bonne et une mauvaise façon d’être soumis. Et quelque part… c’est à la fois vrai et faux.
Chacun fait bien ce qu’il veut. En BDSM, les deux seules vraies règles sont le consentement et la sécurité. Mais si on creuse un peu la différence entre un soumis authentique et un fétichiste de la soumission, là, oui, il y a une distinction importante à faire.
Alors c’est quoi, un fétichiste de la soumission ?
C’est un concept que les Dominantes connaissent depuis longtemps, même si ce n’est pas forcément répandu partout dans le milieu. Pourquoi ? Parce que seules les vraies Dominantes s’en préoccupent. Mais voilà :
Un fétichiste de la soumission, c’est quelqu’un qui est attiré par l’idée de se soumettre, mais surtout parce que ça l’excite sexuellement. Il est là pour le shoot, pas pour la construction d’une vraie dynamique D/s. En général, il se soumet jusqu’à l’orgasme. Une fois qu’il a joui, pouf, tout disparaît. Ce n’est pas un soumis. C’est un fétichiste.
Et dans ce monde-là, il y a des sous-catégories :
• Objets : attirés par des choses spécifiques – le latex, les pieds, les talons, les fouets, les seins, etc.
• Images : attirés par la représentation d’une Dominante – photo, vidéo, voix autoritaire, tenue de Domina…
• Actions : attirés par certaines pratiques – pegging, humiliation, féminisation, flagellation…
• Émotions : attirés par les sensations liées à la soumission – la honte, la vulnérabilité, le fait de se sentir inférieur…
En gros, ces gens-là n’ont pas besoin – ni même envie – d’une vraie relation D/s avec une Dominante en chair et en os. Ils fonctionnent en autonomie, juste pour satisfaire leur excitation. Et la Dominante, dans tout ça ? Elle devient une sorte de prestataire. D’où le terme « distributeuse à kink ».
À l’inverse, un vrai soumis, c’est quelqu’un qui veut vivre une vraie dynamique de pouvoir avec une Dominante. Les objets, les pratiques, les émotions… tout ça devient secondaire. Ce qui compte, c’est le lien avec elle.
Pourquoi c’est important de faire la différence ?
Déjà, soyons clairs : être fétichiste, ce n’est pas une insulte. Il y a plein de gens qui s’identifient comme tels. Et oui, beaucoup de soumis ont aussi des fétiches. Mais entre un soumis qui a des fétiches et un fétichiste qui fantasme la soumission, il y a un monde.
Comprendre cette nuance, ça permet deux choses :
1. Aider les Dominantes à mieux choisir leurs partenaires.
2. Aider les soumis à savoir où ils en sont pour, soit travailler avec ce qu’ils sont, soit évoluer vers ce qu’ils veulent devenir.
Et si tu regardes bien, la majorité de ceux qui se disent soumis sont en réalité des fétichistes. Peut-être par ignorance, par manque d’expérience ou simplement parce qu’ils se sont trompés de case. Beaucoup sont juste des “bottoms” – ils aiment le jeu BDSM, mais pas la dynamique. Ou alors ce sont des fétichistes purs, qui cherchent uniquement leur propre plaisir.
Si tu veux creuser la question, il existe même une « checklist du fétichiste soumis » – un petit outil pour faire le point avec toi-même.
Et maintenant, si tu réalises que tu es peut-être plus fétichiste que soumis, pas de panique. Cette prise de conscience peut justement t’aider à mieux comprendre pourquoi certaines Dominantes ne te prennent pas au sérieux. Elles le sentent tout de suite, ce genre de profil. Mais une fois que tu sais qui tu es, tu peux changer ton approche, ou bien te remettre en question et évoluer.
Pour les Dominantes, cette distinction est tout aussi utile : elle permet de ne pas perdre de temps, de mieux orienter la relation, voire de reconditionner un fétichiste pour qu’il devienne un vrai soumis… à condition d’en avoir l’envie et les compétences.
Alors oui, il existe des soumis nés. Mais on peut aussi le devenir. Avec la bonne personne, le bon cadre, et de la volonté.
Et pour finir sur une petite bombe : la majorité des gens qui disent avoir un fétiche… n’en ont pas vraiment. Un vrai fétiche, c’est une obsession qui prend le dessus – genre bander rien qu’en voyant une paire de talons ou jouir au simple toucher du cuir. Si tu trouves juste ça sexy, c’est pas un fétiche, c’est un goût.
Bref. On se colle plein d’étiquettes qui sont souvent plus des désirs que des réalités. Et en plus, tout ça peut bouger avec le temps. Alors à quoi servent les étiquettes, au final ?
À trois choses :
1. Communiquer clairement.
2. Se voir soi-même avec un peu plus de lucidité.
3. Se comprendre… pour mieux se connecter aux autres.
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