Pourquoi j’ai 551 contacts bloqués dans mon téléphone ?


Il y a quelque chose de profondément contradictoire chez certains hommes qui se disent soumis. Ils arrivent avec de belles phrases, presque trop parfaites, pleines de respect affiché, de promesses d’obéissance… et au premier refus, tout s’écroule. Les insultes sortent, la frustration déborde. Et là, on comprend que ce qu’ils montraient au départ n’était pas forcément réel.
En fait, beaucoup ne viennent pas pour se soumettre, mais pour obtenir quelque chose. Leur “soumission” est une posture, un moyen d’entrer, de tester, de voir jusqu’où ils peuvent aller. Alors quand une Domina dit non, ce n’est pas juste un refus qu’ils reçoivent, c’est un échec. Et cet échec, ils ne savent pas le gérer. L’agressivité devient une manière de se défendre, de reprendre un peu de pouvoir là où ils viennent d’en perdre.
Et puis il y a cette insécurité face aux femmes sûres d’elles. Une femme qui sait ce qu’elle veut, qui ne doute pas, qui ne cherche pas à plaire… ça déstabilise. Parce qu’elle ne joue pas le jeu auquel certains sont habitués. Elle ne rassure pas, elle ne se justifie pas. Et pour un homme qui n’est pas solide intérieurement, ça peut vite devenir inconfortable. Il ne sait plus comment se positionner, alors il se sent menacé, parfois sans même comprendre pourquoi.
C’est là que le refus devient un défi. Au lieu d’être entendu, il est pris comme quelque chose à contourner. Comme si convaincre la femme devenait une preuve de valeur. Comme si insister, forcer un peu, “faire changer d’avis”, c’était gagner. Mais en réalité, ça montre surtout une incapacité à respecter une limite simple. Ce n’est plus de la soumission, c’est de la lutte déguisée. Ce comportement est nourri par une culture où la persistance masculine est valorisée, voire romantisée.
Et le plus marrant c’est ce mélange entre l’attirance pour la soumission et le mépris pour la figure de la Maîtresse. Certains veulent ressentir la perte de contrôle, mais refusent de reconnaître pleinement celle qui le détient. Alors ils minimisent, ils rabaissent, ils critiquent. C’est plus facile que d’assumer : “oui, j’ai envie d’être en dessous, et j’accepte que cette femme ait du pouvoir sur moi”.
Sinon, je suis obligée d’en parler aussi: “les switchs”. Sur le papier, c’est une position légitime, équilibrée, assumée. Mais chez certains, ce mot sert surtout de protection. Être “switch”, c’est garder une porte de sortie. C’est pouvoir dire : “je me soumets, mais seulement quand je le décide”. Autrement dit, ne jamais lâcher totalement le contrôle. Derrière ça, il y a souvent une peur très simple qui est celle de se retrouver réellement vulnérable. Parce que la vraie soumission demande un abandon sincère, pas juste un rôle qu’on active et qu’on désactive à volonté. Se dire “switch”, pour certains, c’est donc éviter d’aller jusqu’au bout de cette vérité-là.
Au fond, ce n’est pas de la soumission qu’on voit là dans le nonante pour-cent du temps. C’est un tiraillement. Entre envie et ego, entre fantasme et réalité. Et tant que ce conflit n’est pas réglé, il n’y a pas de vraie dynamique possible. C’est juste des tentatives, des frustrations, et des jeux de rôle qui sonnent faux dès qu’on gratte un peu.